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Pourquoi la méditation est-elle si difficile? Et comment bâtir une pratique qui dure vraiment

il y a 1 jour
5 min de lecture

Bien souvent, nous abordons la méditation comme tout le reste : avec la ferme intention de bien faire. Nous nous assoyons, nous réglons la minuterie et nous attendons que le calme apparaisse. Quand l’esprit s’égare, nous nous efforçons davantage. S’il continue de s’égarer, nous concluons que nous n’avons tout simplement pas le tour.


La méditation de pleine conscience propose une tout autre approche. Plutôt que de nous demander de produire le plus de quiétude possible, elle nous invite à porter une attention plus fine à la façon dont nous accueillons l’instant présent, y compris l’agitation, le doute et l’effort lui-même.


Si vous avez déjà essayé de méditer avant d’abandonner, ou si vous êtes curieux ou curieuse sans trop savoir par où commencer, cet article vous donnera un portrait honnête des raisons pour lesquelles la pratique devient difficile, ainsi que des pistes pour bâtir une pratique réaliste, bienveillante et ancrée dans le quotidien.


Qu’est-ce que la méditation de pleine conscience?

La méditation de pleine conscience est la pratique qui consiste à porter délibérément son attention sur le moment présent, avec curiosité et sans jugement. La respiration, le corps, les sons, les émotions et les pensées deviennent des choses à observer plutôt que des choses à corriger.


C’est plus subtil qu’il n’y paraît. La pleine conscience ne consiste pas à vider son esprit ni à atteindre un état particulier. Des pensées surgiront, et elles ne signifient pas que quelque chose ne va pas. La beauté de la pratique tient à ce moment où l’on s’aperçoit que l’esprit s’est égaré et où on le ramène doucement, encore et encore, avec le moins de drame possible. Chaque retour est la pratique, et non une interruption de celle-ci.


La pleine conscience ne se limite pas non plus à la position assise. On peut la pratiquer en marchant, en s’allongeant pour se reposer, en écrivant ou en passant du temps dans la nature : partout où il est possible de faire une pause et d’accueillir le moment tel qu’il est.


L’obstacle dont personne ne vous parle : l’effort mal orienté

L’effort est essentiel à la méditation, mais tous les efforts ne sont pas utiles. La plupart d’entre nous apportent leurs habitudes sur le coussin. Si nous avons l’habitude de forcer, nous forçons. Si nous avons l’habitude de nous juger, nous apportons aussi cela dans la pratique.


On parle parfois d’effort mal orienté, et ses signes sont faciles à reconnaître une fois que l’on sait quoi observer :


  • De la tension dans la mâchoire, les épaules ou le front pendant la méditation.

  • Le fait de s’agripper à la respiration ou d’essayer de la contrôler.

  • Un pointage mental qui évalue si la séance est « bonne » ou non.

  • L’appréhension de la pratique, ou son abandon après une seule semaine difficile.

  • La croyance selon laquelle la quiétude est quelque chose que l’on réussit ou que l’on rate.


Paradoxalement, l’antidote n’est pas de s’engager moins, mais de faire preuve de plus de bienveillance dans notre façon de fournir un effort : se présenter avec constance et douceur, en étant prêt à recommencer. Le calme ne se force pas. Il tend à s’installer lorsque nous cessons de lutter contre nous-mêmes.


À qui s’adresse la méditation de pleine conscience?

La méditation de pleine conscience est une pratique inclusive dont beaucoup de gens peuvent tirer profit. Elle ne remplace pas un soutien ou un traitement professionnel, et nous encourageons toute personne ayant un problème de santé mentale ou physique à consulter son médecin ou son thérapeute avant de commencer. La pratique convient particulièrement bien aux personnes suivantes:


  • Les personnes qui ont commencé, puis arrêté : si vos tentatives passées vous ont donné l’impression de mal faire les choses, un cadre plus bienveillant peut transformer toute l’expérience. La méditation est une pratique, et chaque séance est une nouvelle occasion de recommencer.

  • Les personnes actives et les adeptes de yoga : la méditation complète la pratique physique en cultivant, dans l’immobilité, la même attention.

  • Celles et ceux qui sont pris dans le courant du « toujours faire » : quand on a l’habitude d’en faire toujours plus, réduire délibérément les efforts inutiles peut se révéler étonnamment difficile, et étonnamment instructif.

  • Toute personne qui gère du stress : une pratique régulière peut nous aider à traverser les hauts et les bas de la vie avec plus de curiosité et moins de réactivité.

  • Les débutants comme les pratiquants de longue date : il n’y a aucun niveau à atteindre. Vous arrivez, tout simplement, et la pratique vous rejoint là où vous êtes.


La respiration et le corps : les ancrages les plus fiables de la méditation

Nul besoin d’aller quelque part pour méditer. La respiration et le corps sont présents à chaque instant, ce qui en fait des ancrages fiables. Sentir l’air aux narines, le soulèvement et l’abaissement du ventre ou le poids du corps sur le coussin offre à un esprit agité un endroit simple où se poser.


Si vous pratiquez le yoga, vous connaissez déjà ce langage. Bouger au rythme de la respiration, sentir ses pieds sur le tapis et remarquer les endroits où l’on retient des tensions sont autant de formes de pleine conscience en mouvement. La méditation et le mouvement conscient se soutiennent mutuellement, et ensemble, ils nous aident à cultiver une présence plus stable et plus incarnée, sur le tapis comme en dehors.


Bâtir une pratique adaptée à votre vie réelle

Une pratique durable n’a pas besoin d’être impressionnante. Elle doit être réaliste. Quelques principes peuvent aider :


  • Commencez petit. Cinq minutes sincères valent mieux que trente minutes héroïques que l’on redoute.

  • Ancrez-la. Un moment et un endroit réguliers, par exemple après votre café du matin, mettent fin à la négociation quotidienne.

  • Renoncez à la séance « parfaite ». Un esprit agité n’est pas une pratique ratée. Observer, c’est cela, la pratique.

  • Accueillez-vous avec chaleur. Quand votre esprit s’égare, recommencez simplement, sans commentaire.


Pourquoi la pleine conscience compte plus que jamais

La pleine conscience offre bien plus qu’un moyen de composer avec un monde qui va trop vite. Une pratique régulière est souvent associée à une réduction du stress, à un meilleur sommeil, à une meilleure concentration et à une meilleure mémoire, de même qu’à une plus grande ouverture dans nos relations. Elle peut aussi approfondir la conscience que nous avons de nos valeurs et de notre sens du but. Rien de tout cela ne se produit du jour au lendemain, et rien de tout cela n’exige de devenir une autre personne. Cela grandit à travers de petits gestes d’attention répétés.

Cesser de s’acharner, ce n’est pas abandonner. C’est faire preuve d’intelligence.

Le signe que la pratique prend racine n’est pas un esprit plus tranquille, mais une capacité grandissante à accueillir le moment présent, accompagnée d’une plus grande bonté envers soi-même et envers les autres.


Commencez avec nous : atelier de méditation de pleine conscience

Notre atelier de méditation de pleine conscience, animé par Champa Cyr-Ratanatray, s’ouvre précisément sur ce thème : reconnaître les signes de l’effort mal orienté, explorer des outils concrets pour une pratique réaliste et bienveillante, et découvrir comment la respiration, le corps et le yoga peuvent soutenir une présence plus stable.


Champa est enseignante certifiée en méditation et en yoga. Elle enseigne dans divers milieux depuis 2015 et est actuellement inscrite au programme de certification d’enseignante en méditation de pleine conscience de Jack Kornfield et Tara Brach. Son approche est inclusive, adaptable et enracinée dans la bienveillance et la compassion. Les personnes de tous les genres, de toutes les origines raciales et ethniques sont chaleureusement les bienvenues.


La série d’ateliers de méditation débute le lundi 19 octobre, à 17 h 45. Joignez-vous à nous en studio ou en ligne. Inscrivez-vous ici


Venez avec curiosité et voyez ce qui change lorsque la bienveillance guide votre effort.

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